LE POINT DE RENCONTRE DES ACCOMPAGNANT(E)S ET DES ACCOMPAGNE(E)S
Par Nathalie FAURE le mercredi 12 mars 2008, 10:35 - DEBATS D'IDEES pour la pensée - Lien permanent
ACCOMPAGNER,
ACCOMPAGNANT(E),
ACCOMPAGNE(E).
Sommes-nous tous des accompagnant(e)s ?
J'aimerais comprendre qui sont les personnes accompagnantes et les bénéficiaires. Je veux mettre en lumière l'acte d'ACCOMPAGNER et révéler ce qu'il porte en lui.
Dans la vie, nous sommes des acteurs de l'accompagnement et à tous les niveaux des relations humaines. Il y aurait presque un caractère naturel et universel à l'acte d'accompagner ... Nous accompagnons nos enfants à l'école, un ami sur un sentier, une copine pour faire les soldes, un parent souffrant d'une pathologie handicapante ... cependant, dans les faits, l'acte est-il si simple ?
Etre une personne accompagnante, c'est aller avec. C'est conduire, escorter, guider ... et ce dans différentes situations de la vie .... Mais, je ne suis pas certaine que nous puissions être accompagnant(e) à chaque instant de notre vie et parfois (souvent aussi) un relais s'impose.
Invitation à découvrir les accompagnant(e)s
L'accompagnant(e) : il ou elle accompagne une autre personne qui sollicite, exprime, présente une demande ou un besoin d'accompagnement ... Sans être exhaustive, accompagner c'est, par exemple :
se tenir physiquement et affectivement à côté d'une personne
être à l'écoute et conseiller en fonction de ce que la personne vous dit
observer et comprendre les besoins d'une personne et organiser avec (ou pour elle) des actions d'aide ...
Nous pourrions décliner à l'infini les façons d'être accompagnant !
Qui sont-ils les accompagnants ? Vous probablement (dans le rôle que vous avez auprès de vos proches ; des collègues et des bénéficiaires de votre activité professionnelle ...), la sage-femme qui a mis au monde votre enfant, votre médecin, l'assistante maternelle, le professeur des écoles, un formateur, le moniteur d'auto-école, un conseiller ANPE, un consultant, un juriste, un psychologue ... moi aussi, j'accompagne ... ceux qui accompagnent ...qui eux même m'accompagnent !!!!
Main dans la main, l'acte d'accompagner rassemble des individus. Ils vont partager et s'entraider. Chacun apprend de l'autre et de la rencontre. Les accompagnants donnent (du temps, des gestes, des conseils, un soutien, ...) et ils peuvent se voir offrir, en retour quelque chose : une gratification, une reconnaissance, un sentiment d'accomplissement. Cela place les accompagnés et les accompagnants dans une relation d'inter-échange.
Aujourd'hui, je suis accompagnante et accompagnée (merci à celles et ceux qui le font avec moi). Puis, tour à tour, au travers du projet que je mets en oeuvre " au fil de la vie, s'informer pour s'enrichir "
, je vais ACCOMPAGNER les personnes qui elles mêmes accompagnent un parent, conjoint, enfant dans une des situation de la vie qui peut générer souffrances, incompréhensions, fatigues, intolérances. Parce que l'accompagnement, aussi naturel soit-il, doit s'inscrire dans une relation d'aide. Un étayage (des actions enveloppantes ou consolidantes) se construit autour de la personne accompagnée et lui permet d'accomplir son chemin de vie dans de meilleures conditions.
QUEL A ETE VOTRE PLUS BEAU POINT DE RENCONTRE ? : partage d'expériences
Commentaires
Bonjour,
Je viens de découvrir votre blog et je lits depuis quelques minutes vos billets qui sont par ailleurs très bien tournés et professionnels. La plate forme et les acteurs de celle-ci sont dans cet esprit de partage, d'accompagnement qui sont le let motive de chacun d'entre nous. Mais il est parfois difficile d'accompagner les personnes quand elles ne souhaitent pas dévoiler toutes leurs intérogations.
Nous pouvons assimiler l'accompagnement à la communication qui est le principe même des relations humaines.
Cordialement
Bonsoir Christophe,
je rejoins votre idée sur la communication. Elle nous fait entrer en relation et est un des vecteurs des échanges humains.
S'exprimer, se confier, prendre la parole, faire part de ses interrogations (pour reprendre vos propos) sont des actes pas toujours simples à poser ... Certaines personnes n'osent pas partager un projet de craintes d'être jugées ou quelques fois "spoliées".
Entrer en communication et parler de son projet de création, c'est s'ouvrir à l'autre, se montrer et laisser voir ses forces et fragilités.
Tout projet peut nous mettre "à l'épreuve". Peut-être, est-ce la raison de notre réticence (ou résistance) à être accompagné dans nos difficultés ... ?
Bonjour,
j'ai écrit un billet sur la question intitulé "Les Accompagnants" sur http://synaps2.blogspot.com/ et votre avis m'intéresserait.
Si vous voulez m'accompagner un peu, c'est bien volontiers, car j'accompagne tous les jours autour du traumatisme crânien, du cancer et des TOC, et j'avoue, que oui, parfois, on est un peu seul!
Bonjour Véronique,
merci de vos commentaires et de l'intérêt porté à la reflexion.
Je suis partante pour vous accompagner sur le chemin de l'accompagnement ... Faisons ensemble quelques pas pour partager ce qui nous touche au quotidien, nous bouscule ou dérange ...
Au plaisir de discuter avec vous.
Cordialement.
Nathalie
Merci de votre réponse. J'avoue que je ne sais pas par où commencer....
En fait, en relisant votre billet, certains mots sont porteurs comme:
souffrances, fatigues, intolérances, imcompréhension.
Ils décrivent exactement le quotidien. Souffrances: pour l'autre quand on le voit peiner, pour soi aussi. Fatigues: certaines fois, les sollicitations et les réponses à donner sont telles, que oui parfois, fatigues. Incompréhensions: dans la relation avec un traumtisé crânien, qui plus est un conjoint, c'est terrible et perpétuel; intolérances: des autres, parfois, et même de moi; c'est un travail quotidien que de ne pas se laisser aller à l'intolérance quand chaque situation la plus simple (mettre le couvert, jardiner, discuter d'un papier) génére des situations ubuesques.
Et puis, ce que vous évoquiez sur la prise de connaissance/conscience du corps, ici, je crois que ça renvoi à la connaissance du cerveau: un des moyens de défense étant la connaissance, j'ai appris beaucoup, mais vraiment beaucoup, en neuropsychologie notamment sur la question. Mais, comme toujours, à l'aune du quotidien, ceci est une assez faible barrière.
Véronique,
merci d'aller plus loin et de m'inviter, à faire encore quelques pas ...
Je partage entièrement la nature de votre réflexion : la connaissance du handicap apporte un (faible) filtre à la souffrance du quotidien. Comment ? La connaissance (médicale, psychologique, culturelle ...) nous transporte vers une meilleure compréhension de l'autre, du handicap ; et, surtout de la rencontre de l'autre avec son handicap ...
Cependant, le filtre est perméable. Il laisse passer l'émotionnel, qui lui nourrit les échanges avec la personne accompagnée. Je crois que ce que nous éprouvons dans la relation d'accompagnement (colère, épuisement, distance, fuite, incompréhension , empathie, désintérêt, isolement .....) peut être à l'image des émotions ressenties par l'accompagné. Une image identique ou différente.
Accompagner des personnes en souffrances est pour chacun de nous UNE EPREUVE psychique. Dans le sens d'une MISE à l'épreuve de notre capacité à recevoir, accueillir, ressentir, évoluer ...
Ceux qui accomagnent quotidiennement sont des hommes et des femmes touchés de près par la souffrance physique et psychologique. Pour eux, la vie est faite de tout ce qui est de plus banal, additionné de zestes de courage, émotions, élans et innovations et combats.
Il me semble indispensable, dans une société qui SAIT et COMPREND la place quotidienne du handicap dans la vie des gens, d'offrir des espace de rencontres, soutien, échanges, animations, partage ... de la vie !
Je vous remercie sincèrement de ce que vous avez suscité en moi et nous invite à continuer cet échange.
Nathalie.
Bonjour Nathalie,
oui, c'est exactement ce que je ressens en pesant chacun des mots "banal, zeste de courage, émotions, élans, innovations et combats".
Banal: la banalité et la norme font du bien lorsqu'on traverse des épreuves. la banalité est exactement l'endroit où tout se joue.
Courage: il en faut, parfois beaucoup plus que d'ordinaire.
Echanges: inattendus, surprenants, dérengeants, enrichissants.
Empathie:incontournable.
Innovations: constantes; chaque situation oblige à l'improvisation, l'imagination (comment faire pour faciliter les choses à l'autre sans qu'il le ressente; comment lui dire ce qu'il ne veut pas entendre, et c'est très dur; comment se sortir d'un mauvais pas...)
Combats: contants aussi; souvent administratifs, médicaux, juridiques, avec soi aussi...
Et oui, qu'il serait bien d'avoir des espaces de rencontres ouverts et pluridisciplinaires...
Bonjour Véronique,
Quant aux espaces de rencontres ouverts à tous les accompagnants (naturels, bénévoles ou salariés), ils existent ; enfin j'y crois. Nombre d'association de familles ou d'utilité publique proposent des démarches de soutien aux personnes impliquées et concernées par les situations de handicap et la souffrance physique et morale.
http://www.ctnerhi.com.fr/accueil_c...
est, un exemple de ce qui peut se faire en matière d'informations sur le handicap.
Mais, ce que votre propos éclaire, hormi les indispensables "ingrédients humains" (courage, élan, empathie, connaisances, forces, convictions, patience ...) c'est la nécessité d'être en liens. Ces liens sont d'une part, le RESEAU des aidants que nous retrouvons dans les associations, les hôpitaux, les centres de soins ... Ils existent ces liens, parfois trop peu peut-être ou trop conventionnels pour d'autres.
D'autre part, les liens se tissent aussi au quotidien avec l'ensemble des personnes concernées par l'accompagnement d'une personne.
L'ensemble de ces personnes peuvent se retrouver autour d'un objet à partager : l'objet pouvant être une formation, une conférence-débat, un livre, un café, une dégustation ... tout ce qui pourrait servir de support naturel pour tisser des mots à partir des maux exprimés par les accompagnants.
Aussi, je rêve depuis quelques temps d'un nouvel objet ... Dans le cadre d'une formation proposée conjointement à des accompagnants familiaux et salariés (EHPAD), j'imagine les inviter à une randonnée avant de proposer à chacun de s'asseoir pour partager et élaborer ce qui les questionne ...
Merci Véronique de m'avoir conduite sur ce chemin.
Non, merci à vous Nathalie. Je "crois" beaucoup plus à ce que vous proposez dans votre dernier paragraphe.
Je connais les lieux que vous évoquez plus haut, mais bien souvent, on n'a pas "envie" de se retrouver là. Et puis, l'accompagnement va en s'éloignant, si j'ose dire. Lorsqu'on fréquente les centres de réeducation, il y a de réels suivis bien-sûr, mais après nous sommes un peu "lachés" dans la nature (pour dire les choses vite).
En réaction à ce terme lâcher, je crois qu'il vient dire l'épuisement qui s'installe aussi progressivement, silencieusement chez nous tous que nous soyons salariés, familles ou bénévoles ...
Alors, invitation à Y CROIRE ...
Et je souhaite que l'échange se poursuive quant aux points de rencontre entre les accompagnants et sur les expériences que vous faîtes en la matière.
Bonsoir Nathalie,
je vous laisse deux autres liens: http://synaps2.blogspot.com/ et http://unebibliotheque.mi-blog.net/
Bon week-end de Pâques.
Véronique