LES LIEUX D'ACCUEIL / Présentation des EHPAD, Foyer logement, CANTOU et USLD
Par Nathalie FAURE le jeudi 3 avril 2008, 11:15 - VIE PROFESSIONNELLE - Lien permanent
Lorsqu'un handicap surgit ou qu'une pathologie réduit l'autonomie pour les actes de la vie quotidienne se pose alors la difficile question du "maintien de la personne à son domicile".
Les aides existent en nombre ; elles offrent des étayages humains et matériels (garde à domicile jour et nuit, téléalarme, portage de repas, soins infirmiers, création de séjour vacances ...). Les besoins en matière de services d'aide grandissent , les solutions se développent et se diversifient ... cependant l'aide à domicile a ses limites, les aidants dans ce qu'ils font aussi.
C'est souvent le moment venu pour discuter des alternatives et des solutions d'hébergement autres ; les personnes et leur famille rencontrent alors l'univers des institutions pour personnes âgées ...
Les personnes âgées de plus de soixante ans * peuvent être accueillies au sein d'établissement publics ou privés (à but lucratif ou association). Aujourd'hui, en Midi Pyrénées, les places d'accueil sont réparties de la manière suivante :
Logement-foyer (nombre de logements) : 5 292
Maisons de retraite (nombre de lits) : 25 203
Services de soins à dom.(nombre de places) : 4 706
Soins de longue durée (nombre de lits) : 2 731
Quelques données chiffrées (Sources : conseil général du Tarn et conseil général de l'Aveyron )
" Le Tarn est le deuxième département de Midi-Pyrénées, il accueille 360 000 habitants. Les plus de 60 ans représente 28,2 % de la population totale, qui est urbaine à 42,3 %. 43,4 % des Tarnais vivent en milieu rural".
Donc, « près du tiers de la population tarnaise est âgé de plus de 60 ans et 10% sont âgés de plus de 75 ans. Certains ont le bonheur de mener une vie sociale et familiale intense. Ils jouent souvent un rôle important auprès de leurs petits enfants, et plus largement dans l’animation de la vie associative et citoyenne de notre département. D’autres rencontrent des difficultés qui les fragilisent. C’est notamment le cas de celles et ceux qui sont atteints par la maladie d’Alzheimer ou par des handicaps qui nécessitent une surveillance et une protection de tous les instants. Les familles sont encore très présentes auprès de leurs aînés. Elles ont besoin d’être soutenues. »
"Le département de L’Aveyron est formé de 46 cantons dont 23 sur l’arrondissement de Rodez. 263 808 habitants ont été recensés en 1999. 43.5% de la population vit en milieu urbain, 56.5% en milieu rural".
En Aveyron, pour l'accueil des personnes âgées :
86 établissements, soit au total 5610 lits
8 unités de soins de longues durée dans les hôpitaux
60 maisons de retraite
9 foyers logements
6 centres d'hébergement temporaire
3 unités de vie
des familles d'accueil
Présentation des établissements d'accueil :
Les EHPAD :
l' Etablissement d'Hébergement pour Personnes Agées Dépendantes accueille, dans la plupart des cas, des personnes âgées de plus de soixante ans (en référence à l'âge de la retraite).
Pour faciliter la vie collective et les relations entre personnes résidentes, certains établissement font le choix d'homogénéiser la population accueillie et fixe l'âge d'entrée après 75 ans. l'EHPAD est un LIEU DE VIE. Médicalisé, l'établissement accueille des personnes présentant une perte d'autonomie rendant leur existence à domicile précaire, complexe, impossible ou limitée. Prenant appui sur un projet de vie et d'établissement, l'EHPAD offre un accompagnement INDIVIDUALISE, et au plus près des besoins singuliers de la personne résidente. Ce qui veut dire pour l'équipe : une connaissance développée de la personne et de son parcours, la volonté d'aider sans faire à la place et une capacité à organiser l'accompagnement de façon pluridisciplinaire et coordonnée.
La vie en COLLECTIVITE peut offrir autant de perspectives heureuses que de problème à résoudre. Côtoyer 365 jours/365 les mêmes personnes ou rencontrer le handicap, la maladie, les troubles du comportement de son voisin ... peut lourdement affecter certaines personnes résidant en EHPAD. C'est pourquoi les établissements s'engagent à réfléchir, améliorer, expérimenter l'accueil et les conditions dans lequel il se fait ... au profit d'un meilleur vivre ensemble !
Le Foyer Logement :
Il peut être, la STRUCTURE INTERMÉDIAIRE entre le domicile et l'EHPAD. Son "architecture" et son fonctionnement offrent aux personnes accueillies une AUTONOMIE plus grande pour les actes de la vie quotidienne. La population résidente est d'ailleurs moins handicapée et doit pouvoir organiser sa vie de façon autonome avec un regard (discret, soutenu) de l'institution. Les personnes résidentes ont un appartement équipé dans lequel elles peuvent apporter quelques meubles et retrouver ainsi un habitat personnalisé. Des repas collectifs sont servis au restaurant, la personne résidente peut en bénéficier comme faire le choix de "manger chez elle". Une surveillance médicale et sociale est assurée par une équipe professionnelle réduite. Lorsqu'une personne rencontre un nouvel obstacle à la gestion de sa vie quotidienne, souvent le foyer logement se trouve rapidement limité dans les aides qu'il peut donner et à terme propose un projet d'orientation vers une structure plus adaptée à la situation de la personne : EHPAD, CANTOU ou USLD.
Les CANTOU :
ou Centre d'Activités Naturelles Tirées d'Occupations Utiles ...
ou en occitan "au coin du feu" ...
Le premier fût ouvert en 1977 pour créer une petite unité accueillant des personnes souffrant de désorientation. La volonté était d'offrir un espace rassurant (repères, contenance, fiabilité, répétition ...) et d'organiser le quotidien en fonction de la participation de chacun à la vie du groupe. L'ambiance, la beauté, la douceur étaient des éléments particulièrement recherchés et développés. Aujourd'hui, la philosophie des débuts du CANTOU a évolué vers des lieux d'accueil protecteurs et sécurisants, au sein desquels la personne résidente est invitée à faire, à prendre part aux actes de la vie quotidienne (stimulation dite naturelle de l'autonomie restante). Le CANTOU est aussi un lieu, à l'intérieur des EHPAD, qui offre un espace de régulation émotionnelle (pour les personnes présentant des troubles anxieux) ou une contention (par exemple, lors de pertes de repères, angoisses ou déambulation dangereuse pour la personne). Puis, lorsque les capacités de la personne diminueront, elle sera prise en charge au sein du CANTOU ou orientée vers une USLD si l'établissement, dans son projet de vie, a défini comme critère d'accueil une participation minimale à la vie quotidienne du CANTOU et du groupe ...
L'USLD :
Elle est une Unité de Soins de Longue Durée. Parfois appelée long séjour, l'USLD accueille des personnes âgées de plus de soixante ans souffrant d'importants handicaps et nécessitant une surveillance médicale constante. La place des soins et de la médecine (préventive, curative ou palliative) est centrale. Cependant, les USLD orientent de mieux en mieux leur projet ... vers la VIE. Et ils proposent, au quotidien, des animations, des sorties adaptées, des activités artistiques ... de façon à s'approcher de l'atmosphère d'un LIEU DE VIE. Ici, il y a une réelle alchimie à créer entre le médical et le social. C'est au fond imaginer comment une personne bénéficiant de soins quotidiens (douloureux, pénibles, longs, répétitifs ...) peut tout de même mener une existence NORMALE et trouver du PLAISIR, du CONFORT ... voir un BIEN ETRE.
Commentaires
C'est une des questions que je vais être amené à me poser bientôt je l'imagine... En effet mes parents qui ont dépassé les 72 ans et qui se portent bien jusqu'à aujourd'hui, sont propriétaires de leur maison et arrivent encore à s'occuper de TOUT.
Le jardin est encore magnifique, la pelouse tondue, le verger amoureusement bichonné et à l'exception de l'angine de poitrine de mon père, qui demande un suivis médicamenteux strict, ils sont valides et en très bonne santé...
Mais pour combien de temps encore ? et après ? comment faire ? comment gérer ?
Ce sont des questions qui me font peurs, je dois l'avouer...
Merci pour cet éclairage.
Merci, c'est intéressant de découvrir ce que propose une région avec son historique en matière de lieux d'accueil.
@Christian: pour ceux comme nous qui ont un ou des parents de cet âge, nous nous posons forcément la question; je suis en plein dedans, ce n'est pas simple, nous avançons en tatonnant. Il faut aussi arriver à se mettre à leur place; ils n'ont pas le même point de vue que nous, les mêmes enjeux Et, pour les enfants que nous sommes - vis à vis d'eux - c'est un curieux mélange: décider avec eux et, parfois, pour eux, de ce que peut être leur vie...
Bonsoir,
merci à tous deux de vos commentaires et réactions.
Pour les accompagnants (familles ou professionnels) se créent des lieux de rencontre et de partage d'expériences. Sous la forme de groupe de parole, conférences ou informations, les accompagnants sont invités à s'exprimer sur ce qu'ils vivent dans la relation à celui qu'ils accompagnent.
Même si du chemin reste à faire en la matière, je crois que les aidants sont mieux pris en considération aujourd'hui et leurs vécus identifiés et reconnus peuvent être entendus et respectés.
Bonjour,
Au fil du temps et à terme, pour la plupart nous serons soit l'accompagnant ou l'accompagné. Le placement en résidence pour personnes âgées est toujours une décision difficile à accepter. L'accompagnant souffre d'un sentiment de culpabilité et l'autre d'abandon. Quand on écoute l'accompagnant, le moment le plus pénible est la nuit, sans cesse réveillé par la crainte ou par son conjoint, il manque de sommeil, il s'épuise rapidement et tout devient encore plus compliqué. Quand c'est possible, on devrait favoriser l'hébergement de nuit à la personne dépendante. Ce principe permettrait à l'accompagnant de se reposer et d'être plus disponible pour passer la journée avec son conjoint , ainsi, ce dernier pourrait progressivement s'approprier son futur lieu de vie définitif.
Autre avantage, le coût devrait être réduit, même si effectivement les soins apportés se font principalement au couché et au réveil.
Cher(e) Cocogégé,
Votre réflexion sur les accompagnants et ceux qui bénéficient de l'aide apportée est si proche de la réalité ... Merci donc !
Souvent, les accompagnants s'épuisent, se "perdent" dans un quotidien fait de souffrances, espoirs, pertes et luttes. Parfois le relais est possible (grâce aux ADMR et autres associations d'aide à domicile, EHPAD et autres structures d'hébergement et l'ensemble des acteurs du pôle gérontologique) ; certaines fois, les accompagnants se refusent à s'en saisir, préférant garder la maîtrise de ce qu'ils font depuis des années ou décennies pour celui qui est accompagné ...
Quant à l'idée que vous proposez : elle existe sur certains territoires ruraux. Je connais une garde itinérante de nuit sur Rodez, grâce à laquelle des personnes handicapées peuvent continuer leur existence au domicile et ce dans des conditions confortables et satisfaisantes.
Il y a certainement d'autres offres de service à créer, dans le respect, toujours, des personnes qui les réalisent et de celles qui les reçoivent ...
maison de retraite