Apprendre à se RESSOURCER
Par Nathalie FAURE le vendredi 4 juillet 2008, 14:17 - VIE PROFESSIONNELLE - Lien permanent
Dédié aux personnes qui, au jour le jour, découvrent cet apprentissage et le font vivre ...
Assise dans le jardin, regardant puis contemplant la nature, l'idée m'est venue d'écrire un p'tit quelque chose à l'attention de ceux et celles qui, par leurs expériences personnelles et/ou professionnelles, font l'expérience d'une nouvelle richesse intérieure.
La vie amène chacun de nous à rencontrer des évènements. Au travail, en couple, en amitié ou en famille, ces expériences mettent à l'épreuve l'être. Par chance, l'humain est doté de capacités d'adaptation, il a les moyens de modifier différentes partie de lui même, dont son comportement.
Certains d'entre nous, parce qu'ils sont plus intiment touchés ou éprouvés par "l'événementiel de l'existence", vont déployer une énergie hors du commun ...
Cet élan de vie est particulièrement précieux pour toutes les expériences atypiques de l'existence. Je ne développerai pas plus les bénéfices acquis pour la vie personnelle pour parler de ce qui se passe au travail lorsque cette énergie apparaît.
Dans l'univers du sanitaire et social, les professionnels sont chaque jour, mis à l'épreuve. Entendons-nous bien ; l'épreuve est celle d'un ajustement, celui que requiert la relation à autrui. Etablir une relation et la conduire tous les jours (au gré des difficultés, des résistances et blocages ...) ; prendre soin d'une personne est une tâche professionnelle tellement intense et riche, incroyablement variée et surprenante et puis difficile, complexe, à l'effet déroutant ...
C'est pour tout cela que nous devons apprendre à nous ressourcer. Être à l'écoute de soi, découvrir ce qui peut être touché en nous par l'expérience de la relation à autrui puis se recentrer (sur soi) avant d'aller à la rencontre de l'autre. C'est une des façons de puiser à la source du bien être.Sans cette énergie, saurons-nous être aux côtés des autres, les accompagner sur le chemin de la vie ? N'y a t-il pas un risque d'épuisement si la situation de celui que j'accompagne me touche trop, m'affecte au point de ne plus savoir ce qui est l'ESSENTIEL ?
Les professionnels qui ont pu mettre à profit ces diverses expériences détiennent "un objet" précieux. Il ne s'apprend pas réellement dans le cadre de la formation, le diplôme ne le donne pas. Cet objet peut se découvrir et il offre une couleur particulière à la relation établie au patient, au résident, à l'usager. Celui qui détient cet objet est plus à même d'aider, plus à l'aise avec les effets de la relation. Il découvre une capacité à se centrer sur l'autre, parce qu'il se connaît ... puisqu'il sait comment être touché sans être trop affecté par ce qui va se produire dans la relation.
APPRENDRE A SE RESSOURCER commence par une prise de conscience. S'apercevoir que le travail effectué avec et pour l'autre se fait dans une relation d'échange.
Si l'échange existe, le soignant a besoin d'identifier ce qu'il reçoit. Et il faudra en faire quelque chose après ; sinon, "le paquet affectif" peut être lourd à porter sur ses épaules. C'est ici qu'intervient encore la RESSOURCE.
SE DISTRAIRE
REVER
CROIRE
S'EVADER
BATIR
S'EXPRIMER ...
et tant d'autres actions conduisent à se ressourcer.
Reste à donner chaque jour un peu de temps pour nourrir cet objet qu'est LA SOURCE DU BIEN ETRE ...
Commentaires
Bonjour,
Je voulais juste féliciter tous ces gens qui donnent de leur personne. Ma mère travaille avec les personnes agées depuis un certain temps déjà, et actuellement elle fait une VAE car elle n'a aucun diplome et du coup reçoit une maigre paie chaque mois. J'ai pu lire ce qu'elle a rédigé sur son livret qui lui permettra je l'espère d'être reconnue. J'ai vraiment eu un déclic, je n'imaginais pas tout ce qu'aide à la personne signifiait, je dois dire que je suis fière que ma mère exerce ce métier. C'est vraiment beaucoup d'investissement et de don de soi, malheureusement elle ne possède ni le temps, ni l'argent pour se distraire ou juste se détendre. J'espère juste qu'un jour toutes ces personnes seront reconnues à leur juste valeur.
Quelle belle photo! Elle incarne avec justesse ce que vous décrivez. On apprend, avec le temps, à profiter de toutes ces "ressources" (à lire dan ce sens, un livre intitulé "De l''émerveillement"de Michael Edwards, Fayard, 2008).Merci à vous.
Bonsoir Céline,
Votre témoignage sur ce que fait votre mère est touchant et profond. Comme d'autres professionnels du paramédical et particulièrement ceux exerçant en gérontologie, ils ne sont pas reconnus à la juste valeur de leur travail.
Je crois que l'aide (en établissement) reste encore très teintéé du charitable qu'offrait autrefois les religieuses dans les hospices. Depuis une trentaine d'année, l'aide en gérontologie se professionnalise mais la reconnaissance salariale semble prendre encore plus de temps ...
J'espère aussi qu'un jour notre travail aux côtés des vieilles personnes sera perçu et revalorisé.
Bonne continuation à vous deux.